Un chiffre brut et massif : 20 centimètres. C’est la largeur du parpaing qui façonne, sans bruit ni esbroufe, la majorité des murs porteurs dans l’Hexagone. Ce bloc, souvent relégué au rang de simple matériau, s’impose pourtant comme le pilier discret de nos constructions modernes.
Quels murs peut-on réaliser avec des parpaings de 20 cm ?
Le parpaing de 20 cm occupe une place à part dans le paysage de la maçonnerie. Sa robustesse n’est plus à prouver, c’est vers lui qu’on se tourne pour bâtir des murs porteurs capables de tenir tête au temps. Fabriqué à partir d’un béton compact, il affiche des classes de résistance suffisamment élevées (généralement entre 7 et 10 MPa) pour supporter la structure d’une maison ou d’un immeuble. Ce format standard s’utilise aussi bien pour les murs de façade que pour les refends intérieurs, ces cloisons épaisses qui reprennent les charges des niveaux supérieurs.
Voici les types de murs auxquels il se prête particulièrement bien :
- Murs porteurs intérieurs et extérieurs, véritables colonnes vertébrales d’une maison individuelle ou d’un bâtiment collectif
- Murs de refend, qui redistribuent les charges et contribuent à la stabilité de l’ensemble
- Murs mitoyens, prisés pour séparer deux propriétés tout en garantissant une isolation acoustique satisfaisante
- Murs de soutènement, dans certains cas, à condition de prévoir un ferraillage conforme et un système de drainage efficace
Le choix du type de parpaing n’est jamais laissé au hasard : creux, plein, à bancher, d’angle ou linteau, chacun répond à une fonction précise. Un parpaing plein offre une résistance supérieure, idéal en soubassement ou dans les zones exposées à la pression latérale. Les parpaings creux, plus légers, sont souvent employés pour les parties hautes, là où chaque kilo compte.
La première rangée doit reposer sur des fondations parfaitement mises de niveau. Les chaînages verticaux et horizontaux s’intègrent à intervalles réguliers, pour renforcer la solidité de l’ensemble et limiter les risques de fissuration. Chaque étape, du respect des normes NF à la maîtrise des joints et de l’alignement, conditionne la qualité finale. Monter un mur en parpaing de 20 cm, c’est allier savoir-faire technique, sécurité et durabilité.
Normes, conseils pratiques et coûts à connaître avant de se lancer
Avant de planifier quoi que ce soit, il est impératif de consulter le PLU (Plan Local d’Urbanisme) : certaines communes posent des restrictions sur la hauteur ou l’aspect des murs en parpaings. Ensuite, chaque étape de la préparation compte : tracé précis de l’emplacement du mur à l’aide d’un mètre ruban, contrôle de la verticalité avec un fil à plomb, vérification de la planéité grâce au niveau à bulle. Impossible de négliger la qualité des fondations : elles doivent être dimensionnées selon la nature du sol et le rôle du mur dans la structure du bâtiment.
Pour garantir une pose solide et durable, plusieurs points méritent l’attention :
- Le mortier, ce mélange de ciment, sable et eau, doit recouvrir chaque parpaing sur ses surfaces d’appui pour assurer l’adhérence
- Le décalage des joints verticaux renforce la stabilité du mur
- L’intégration d’armatures métalliques et de chaînages (verticaux et horizontaux) à des emplacements stratégiques, surtout pour les murs porteurs et de soutènement
- L’application d’un enduit ou d’un crépi vient ensuite protéger la maçonnerie contre l’humidité
Le budget à prévoir varie selon plusieurs paramètres. Le prix des parpaings standards se situe généralement entre 1 et 2,50 euros pièce en fonction de la classe de résistance et du modèle choisi (plein, creux, à bancher…). Il faut ajouter à cela le coût des matériaux complémentaires comme le mortier, le ferraillage ou l’enduit, sans oublier la main d’œuvre dont le tarif dépend de la région et de la complexité du chantier. Pour un mur en parpaing réalisé par une entreprise de maçonnerie, les prix oscillent entre 50 et 120 euros le mètre carré, fournitures et pose comprises. Pour ceux qui visent une performance thermique supérieure, il existe des aides financières accessibles pour certains travaux, notamment lorsque l’on prévoit d’intégrer une isolation intérieure.
Le parpaing de 20 cm ne fait pas de bruit, mais il dessine, brique après brique, le squelette de nos habitations. Savoir s’en servir, c’est choisir la tranquillité pour longtemps.


